La progression de la pauvreté dans le monde est-elle liée au réchauffement climatique ? C’est ce qu’affirme un rapport de la Banque Mondiale, réalisé en collaboration avec l’Institut de recherches sur l’impact climatique de Potsdam, en Allemagne.
Alors qu’un réchauffement de 1,5°C apparaît déjà inéluctable, les risques climatiques vont « considérablement » aggraver la pauvreté sur le globe en asséchant les récoltes agricoles et en menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes. Ce cri d’alarme est issu d’un rapport de la Banque mondiale (BM) publié dimanche 23 novembre. Selon le rapport, l’éradication de l’extrême pauvreté – objectif que la BM s’est fixé à l’horizon 2030 – s’annonce déjà « compliquée » dans un monde à +2°C, mais pourrait s’avérér totalement « hors de portée » en cas de hausse de 4°C du thermomètre mondial. Dans l’hypothèse de ce scénario noir, les événements climatiques « extrêmes » pourraient devenir la « nouvelle norme », affirme l’institution, qui sonne particulièrement l’alarme sur l’Amérique latine, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est.
Sécheresse, canicule, acidification des océans, raréfaction de l’accès à l’eau… « Les conséquences pour le développement seraient graves avec un recul des ressources aquatiques, une montée des eaux, un déclin des récoltes et la vie de millions de personnes mises en danger », explique l’institution, en ajoutant que « les populations les plus pauvres et les plus exclues socialement en seront les premières victimes. » Au risque d’accentuer les vastes mouvements de migration, déjà à l’œuvre, ajoute le document.